Un peu d'histoire d'hier et d'aujourd'hui...:
A la veille des Jeux Olympiques de Beijing, le monde a le regard tourné sur la Chine et le Tibet. Les relations entre Chinois et Tibétains sont tendues, cinquante ans déjà depuis l'annexion du Tibet par la Chine et la situation ne cesse d'empirer.
L'histoire du Tibet est directement rattachée à celle de la Chine. Attardons nous sur les faits depuis 1950, date de l'invasion chinoise au Tibet. L'année suivante, est signé un traité qui stipule le rattachement officiel du Tibet à la Chine. Dès lors, les conflits se succèdent. Le dalaï-lama s'exile à Dharamsala, en Inde, alors que la Chine tient d'une main de fer le territoire tibétain. Des manifestations indépendantistes s'organisent alors que la répression chinoise est violente. La Chine impose ses dogmes; presse, art et littérature sont muselés, elle désigne un nouveau panchen-lama à la place de celui choisi par le dalaï-lama. Les conflits durent ainsi, dans l'ombre et le silence, jusqu'à aujourd'hui.
Et en 2008?
La situation Chine/Tibet n'a guère évoluée, seulement, alors que les manifestations indépendantistes tibétaines reprennent, la répression chinoise commence à choquer le reste du monde, soudainement concerné. L'approche des Jeux Olympiques a concentré les regards sur la Chine, impossible désormais de nier ses exactions au Tibet. On entend désormais les mots «droits de l'hommes», «respect» ou encore «liberté» dans la bouche de nos politiques. Et pourtant... alors que les citoyens européens ou américains semble sensibilisés à la cause tibétaine (comme l'ont témoignées les nombreuses manifestations pro tibétaines sur le passage de la Flamme Olympique à Londres, Paris ou San Francisco) nos dirigeants ne semblent, eux pas très disposés à agir véritablement auprès de la Chine. Les raisons sont sans doutes économiques, l'Europe et les Etats-Unis ont besoin de la Chine, pour toutes les industries qui y sont implantées, pour son marché. Ainsi, contrarier les autorités chinoises, au risque d'une riposte économique n'est pas la priorité, même si cela doit coûter la vie de plusieurs dizaines de Tibétains. En effet, l'armée chinoise n'hésite plus à ouvrir le feu sur les manifestants, pour la plupart pacifiques. Le gouvernement tibétain dénombre pour l'instant à 150 les victimes faites par la répression chinoise. Mais les informations sont rares... La Chine a fermé les portes du Tibet au reste du monde, il est désormais impossible d'y entrer ou d'en sortir, les journalistes ont tous été expulsés, les médias sont sous contrôle chinois, la situation nous échappe.
Le dalaï-lama tente dès le début des émeutes de dialoguer avec le Chine qui refuse. Ce dernier ne réclame pas l'indépendance, mais tout du moins l'autonomie et le respect de leurs cultures et de leurs valeurs. La Chine campe sur ses positions face à l'obstination pacifique du dalaï-lama, qui se dégage de toute responsabilité au sujet d'émeutes violentes.
C'est à ce moment précis que des dirigeants d'Europe et des Etats-Unis devraient entrer en scène. Les projecteurs seront braqués sur la Chine tant que dureront les Jeux Olympiques, mais ensuite ? Qu' adviendra-t-il de la situation Tibétaine ? Un boycott des Jeux serait-il vraiment LA solution dans ce conflit ? Une prise de position politique et non sportive ne serait-elle pas plus appropriée ? L'Europe et les Etats-Unis consentiraient ils à prendre le risque d'altérer leur relation avec la Chine pour le bien des Droits de l'Homme ? Mais qu'est ce que «les Droits de l'Homme» quand on ne jure que par le profit... ?